La réalité est bien différente.
Aujourd’hui, elles accompagnent l’innovation tout au long de son cycle de maturité, du concept scientifique jusqu’aux phases proches du marché. Et leurs KTO (Knowledge Transfer Offices) jouent un rôle crucial à chaque étape.
La clé est simple : adapter l’accompagnement au niveau de maturité technologique (TRL).
Car un projet exploratoire ne se pilote pas comme un démonstrateur industriel. À chaque niveau correspondent :
- des objectifs différents
- des partenaires spécifiques
- des instruments d’accompagnement adaptés
Quand cet alignement manque, deux erreurs apparaissent souvent :
⚠️ pousser trop tôt vers l’industrialisation
⚠️ ou sous-accompagner un projet déjà mature.
TRL 1–3 : l’exploration scientifique
Aux premiers niveaux, l’objectif est d’abord de comprendre et explorer. On teste des hypothèses, on avance dans l’incertitude et on ouvre de nouvelles pistes. Les critères d’évaluation privilégient :
- la nouveauté
- la rigueur scientifique
- la capacité à générer de nouvelles connaissances.
Les universités jouent ici un rôle central : infrastructures, compétences scientifiques et cadre méthodologique.
Les KTO interviennent déjà pour :
• sensibiliser à la propriété intellectuelle
• détecter les résultats valorisables
• initier la protection des inventions
• amorcer la réflexion sur les applications possibles.
TRL 4 : le moment charnière
À ce stade commence une double maturation :
🧪 technologique
📈 et marché.
Il ne s’agit pas encore de vendre, mais d’identifier :
• les premiers cas d’usage
• les segments clients potentiels
• les contraintes réglementaires
• les partenaires industriels possibles.
Les universités développent les prototypes et réalisent les premiers tests. Les KTO structurent la trajectoire : analyse de marché, premiers contacts industriels et stratégie de protection.
TRL 5–6 : maturation et preuves d’usage
La technologie doit désormais être testée dans des environnements représentatifs. Les démonstrateurs et pilotes deviennent essentiels. Les collaborations se renforcent avec :
- les entreprises
- les centres de recherche agréés.
Les universités apportent expertise technique, infrastructures de test et prototypage. Les KTO orchestrent les collaborations : gestion de la PI, montage de projets, cadrage des partenariats et alignement entre chercheurs et industriels.
TRL 7–9 : industrialisation et intégration
La technologie devient alors un produit ou un procédé intégré dans une chaîne de valeur. Les enjeux changent :
- financement important
- montée en échelle
- intégration industrielle.
Les entreprises prennent progressivement le leadership opérationnel. Les universités restent présentes pour lever les derniers verrous techniques. Les KTO assurent la continuité du transfert : licences, spin-offs, accords industriels et modèles d’exploitation.
Les universités ne s’arrêtent donc pas aux TRL bas. Leur rôle – et celui des KTO – évolue avec la maturité de l’innovation :
- TRL bas → détection et protection
- TRL intermédiaires → structuration et validation marché
- TRL élevés → transfert, licensing et création d’entreprise
Penser les TRL, ce n’est pas classer des projets.
C’est aligner ressources, compétences et collaborations avec la maturité réelle d’une innovation. Et c’est souvent ce qui permet de transformer une découverte scientifique… en innovation créatrice de valeur.
